😀 Les invités ce matin
🟡 Bruno Retailleau, ministre de l'Intérieur
🟡 Amélie de Montchalin, ministre des Comptes publics
🟡 Sophie Primas, porte-parole du gouvernement
🟣 François Hollande, ancien président
🟣 Olivier Faure, premier secrétaire du PS
🔵 Laurent Wauquiez, président groupe Droite républicaine
⚫ Robert Ménard, maire de Béziers
⚫ Sébastien Chenu, député RN
⚫ Jean-Philippe Tanguy, député RN
⚪ Anne Lauvergeon, ex-présidente d'Areva
⚪ Jérôme Jaffré, politologue
⚪ Nathalie Schuck, journaliste
⚪ Jean-Michel Aphatie, éditorialiste
⚪ Natacha Polony, essayiste
😰 L’écrivain Boualem Sansal est emprisonné en Algérie depuis 179 jours.
🌈 Ambiance du jour
🔎 Le président empêché : la fin d'un cycle politique
L'interview fleuve d'Emmanuel Macron sur TF1 a suscité des réactions unanimes de la part des éditorialistes et responsables politiques ce matin. Tous pointent un exercice défensif où le président a davantage justifié son bilan que tracé des perspectives concrètes.
Un président qui défend son passé plutôt que de dessiner l'avenir
- Renaud Dely (France Info) parle d'une "longue purge du passé" où Emmanuel Macron s'est retrouvé "sur la défensive, argumentant pied à pied pour justifier son action". Vincent Trémolet de Villers (Europe 1) évoque "le calvaire d'un homme désarmé qui peinait à dissimuler son impuissance", tandis que Patrick Cohen (France Inter) compare l'émission à un "Qu'avez-vous fait de vos 8 ans?".
- Guillaume Tabard (Radio Classique) résume : "Cette émission, c'était plus retour vers le passé que projection vers l'avenir". Jean Leymarie (France Culture) décrit "un président qui a fait de son mieux, leitmotiv de la soirée", mais qui "voulait se relancer et s'est raté".
L'absence de majorité et l'impuissance politique
- Etienne Gernelle (RTL) s'interroge : "Que diable allait-il faire dans cette galère?", relevant que le président "a mis très exactement une heure avant de mentionner l'existence du Premier ministre". Jérôme Jaffré (France Inter) analyse que "son message était que l'immobilisme actuel du pays ne peut pas lui être imputé", constituant "une charge indirecte contre François Bayrou et son gouvernement".
- Laurent Wauquiez (France 2) y voit "un macronisme finissant à bout de souffle", tandis que Bruno Retailleau (Europe 1) maintient qu'il faudra "dans deux ans modifier la Constitution pour faire un grand référendum sur l'immigration", malgré le refus présidentiel.
Un format critiqué
- Guillaume Tabard déplore "un patchwork d'où n'émergeait aucun fil conducteur", Jean Leymarie compare l'émission à "un repas de mariage qui n'en finit pas", et Vincent Trémolet de Villers parle d'une "émission hachée, hostile et à bien des aspects complètement stérile".
- Olivier Faure (TF1) résume l'impression générale : "Un grand soupir et le sentiment d'un président qui était venu commenter sa propre impuissance".
Des référendums trop vagues
- L'annonce de référendums à venir est jugée insuffisamment précise. Renaud Dely note que "le président n'a pas fait d'annonce, pas de réforme, pas plus d'ailleurs de consultation ou de référendum précis, si ce n'est sur la fin de vie".
- Vincent Trémolet de Villers parle de "référendums nébuleux, insaisissables".
Une "fin de règne" anticipée
- L'expression "fin de règne" revient chez plusieurs commentateurs. Renaud Dely évoque "un numéro qui avait surtout un côté fin de règne", tandis que Vincent Trémolet de Villers affirme que "le macronisme fondé sur la dynamique du succès et les ressources de la séduction est en fin de vie".
- Jérôme Jaffré perçoit un message présidentiel clair : "Ne comptez pas que je disparaisse politiquement en 2027", relevant qu'Emmanuel Macron n'a pas fermé la porte à une candidature en 2032.
Seule réussite : la politique étrangère
- Le seul domaine où Emmanuel Macron est jugé convaincant est la politique internationale. Renaud Dely note qu'il a pu "afficher son soutien à l'Ukraine, défendre son action diplomatique en faveur d'une paix juste" et "qualifier de honte la politique de Benjamin Netanyahou". Jean-Michel Aphatie (France Inter) confirme que "sur la politique étrangère, là, pour le coup, ça voit une certaine portée".
📣 Gouvernement
🎙️ Bruno Retailleau affirme que l'immigration n'est "plus une chance pour la France" et annonce un référendum constitutionnel dans deux ans - sur Europe 1/CNews
- "Désormais l'immigration, ça n'est plus une chance pour la France, puisqu'elle est hors de contrôle. Et je tente jour après jour de reprendre ce contrôle. Et pour reprendre le contrôle, de toute façon, il faudra dans deux ans modifier la Constitution pour faire un grand référendum sur l'immigration."
L'interview d'Emmanuel Macron
- "Je pense que l'émission longue, trois heures hier, pour moi, ça a conforté ma position [...] je suis toujours gaulliste. Et comme gaulliste, je me dis que nous, la droite, collégialement, collectivement, nous avons eu raison d'entrer au gouvernement pour faire barrage à la gauche."
- "Je ne suis pas macroniste. J'ai des vraies différences avec le président de la République [...] Je ne veux pas être un chef de parti d'une droite qui serait juste un peu moins à gauche que la gauche."
Le ministre de l'Intérieur défend sa présence au gouvernement face aux critiques de Laurent Wauquiez
- "Nous sommes un gouvernement de mission. Et nous avons décidé, nous, la droite, de rentrer pour éviter le pire. Tout simplement, le pire pour nous, c'est pour faire barrage à la gauche mélenchonisée."
Retailleau revendique le succès de LR depuis son entrée au gouvernement
- "Dans les six derniers mois, il y a eu plusieurs élections législatives, municipales, partielles. Qu'est-ce qui s'est passé ? C'est LR qui est le parti qui a le plus progressé."
L’échec de la politique pénale
- "Il y a un échec de la politique pénale. On a refusé de réhabiliter la sanction. Il y a un énorme écart entre les peines encourues, les peines prononcées et les peines exécutées."
Le ministre critique Marine Le Pen sur sa position concernant le RSA
- "Quand j'ai proposé au Sénat que quand on touche le RSA, il y a 15 heures en contrepartie d'activité parce qu'une allocation sociale, ce n'est pas un dû, elle s'y est opposée. Elle est plus proche de Mme Binet, de la CGT, que de nous."
🎙️ Amélie de Montchalin veut associer les Français aux décisions budgétaires pour éviter la censure - sur RMC
- "Je vous dis, on discute et on décide, et on décide quand ? Au budget, et on décide comment ? Par le compromis, on décide comment ? En associant les Français."
La ministre des Comptes publics défend le modèle français de santé malgré ses difficultés
- "On est un des rares pays où quand on a une maladie grave dans notre pays, indépendamment de notre revenu, on est très bien soigné. On n'a pas une médecine à deux vitesses. Et ça, je pense que c'est un acquis, et les Français le veulent."
Rendre le système social plus lisible
- "Le Président de la République hier a dit je veux faire le versement social unique, la solidarité à la source. À tout moment, vous devez savoir comment marche le système et vous devez de manière prévisible savoir que si votre patron vous augmente, vous avez plus à la fin du mois."
La ministre propose d'impliquer davantage les entreprises dans les réformes
- "Je dis aujourd'hui, ce n'est pas le gouvernement tout seul dans son coin qui de manière autoritaire va dire c'est comme ça, on a besoin des entreprises, des chefs d'entreprise."
🎙️ Sophie Primas justifie sa présence au gouvernement par la nécessité d'éviter un gouvernement de gauche - sur Sud Radio
- "J'ai choisi comme un certain nombre de mes collègues ministres venant des Républicains de participer à ce gouvernement pour ne pas avoir un autre gouvernement que nous n'appuyons pas de nos voeux avec une majorité de gauche. C'est la raison de notre présence dans le gouvernement."
La porte-parole du gouvernement critique le format de l'interview présidentielle
- "Je trouve que le format de l'émission ne prêtait pas à une vision un peu structurée, un peu générale. Je pense qu'on aurait préféré peut-être quelque chose d'un petit peu plus structuré."
Ses désaccords passés avec Emmanuel Macron
- "Vous n'ignorez pas la famille politique à laquelle j'appartiens et notamment dans le premier mandat du Président de la République j'ai eu des différences et des désaccords importants avec lui. Donc l'exercice est difficile pour le moment."
La porte-parole appelle à la responsabilité collective face aux défis du pays
- "C'est à lui [Emmanuel Macron] de porter son bilan, il l'a fait avec réalisme."
🎙️ Politiques
🟣 À gauche
🎙️ François Hollande dénonce "un président qui se prend pour le Premier ministre" et appelle à des sanctions contre Israël - sur Franceinfo
- "Une émission qui était supposée éclairer les deux années qui restent à Emmanuel Macron [...] Aujourd'hui, on n'en est plus là. On avait un président en fin de mandat, sans majorité parlementaire, qui se prenait pour le Premier ministre."
Les référendums promis
- "Les questions multiples ça n'existe pas dans la Constitution [...] Ne laissons pas croire aux Français qu'on va leur donner la parole pour ne jamais produire justement la proposition d'un référendum."
La question des retraites
- "François Bayrou, le Premier Ministre, a ouvert une négociation avec les partenaires sociaux [...] Attendons ce qui va sortir de cette négociation. Et ça doit être au Parlement que doit de nouveau être soumise la conclusion."
Gaza et Israël
- "C'est du nettoyage ethnique. C'est-à-dire, on écarte une population qui vivait là, et on essaye de la remplacer par une autre."
L'ancien président appelle à des sanctions européennes
- "Il faut des sanctions. L'Europe n'est pas sans moyens. Elle a un accord d'association avec Israël. Il faut qu'elle mette en œuvre un certain nombre de sanctions."
L'Ukraine et les négociations à venir
- "La lucidité, sans doute, de considérer qu'en ce moment, ils ne peuvent pas reprendre tous les territoires. Mais dire à des Ukrainiens [...] 'C'est fini pour les territoires qui sont occupés', je pense que c'est impossible à admettre."
L'affaire Betharram et François Bayrou
- "Il n'a pas eu les mots qui convenaient devant l'Assemblée nationale et devant le pays tout entier. Les premiers mots qu'il a prononcés étaient le fait qu'il ne savait rien. Ce n'était pas forcément ce qu'on lui demandait à ce moment-là."
La fin de vie
- "Emmanuel Macron a perdu beaucoup de temps sur cette question [...] Cette demande a été formulée, elle doit être entendue et le texte doit être voté avant 2027."
Son propre avenir politique
- "Il y a des moments, des circonstances, où quand c'est suffisamment grave pour le pays, où il y a des enjeux qui sont suffisamment élevés [...] en conscience, et par rapport à ce qui a été un engagement, on revient dans la vie politique."
🎙️ Olivier Faure dénonce l'impuissance d'Emmanuel Macron sur Gaza et les référendums - sur TF1
- "Un grand soupir et le sentiment d'un président qui était venu commenter sa propre impuissance. Je prends quelques exemples. Gaza, il dit c'est honteux. Et alors ? Donc ça ne suffit pas. Que prend-il comme décision ?"
Le premier secrétaire du PS propose la reconnaissance d'un État palestinien
- "Il aurait pu annoncer hier que, justement, face à l'épuration ethnique qui est en cours, il décidait de reconnaître un État palestinien et de mettre la pression sur le gouvernement de Benjamin Netanyahou."
Faure critique le flou autour des référendums proposés
- "Sur la question des référendums, il aurait pu dire quels sont les thèmes sur lesquels il entend véritablement poser des questions françaises et aux Français."
Le leader socialiste remet en question la pertinence de ces consultations
- "Est-ce que vous y participerez, sur ces consultations à choix multiples ? Vous ouvrez le jeu ?"
🔵 À droite
🎙️ Laurent Wauquiez dénonce un "macronisme finissant" et veut incarner une droite de rupture - sur France 2
- "J'ai trouvé ça long. J'ai trouvé ça très interminable. J'ai trouvé ça assez vague. Et surtout, l'image que ça m'a donnée, c'est que j'ai trouvé que c'était surtout un macronisme finissant."
Le président du groupe Droite républicaine critique la participation de Bruno Retailleau au gouvernement
- "Ma crainte, c'est que ce chemin-là, c'est celui auquel nous amène un chef de parti qui est en même temps membre d'un gouvernement macroniste."
Sa vision de la présidence LR
- "Il y a deux visions de la droite et de son avenir. Il y a un premier choix qui est une droite qui, petit à petit, se fond dans le macronisme [...] l'autre chemin que je propose, qui est une droite libre, indépendante, qui ne doit rien à Emmanuel Macron."
Wauquiez propose de limiter le RSA à deux ans maximum
- "Ma proposition, c'est quoi ? On garde le social pour ceux qui en ont vraiment besoin. On arrête l'assistanat pour ceux qui peuvent travailler et on revalorise le travail."
Le député défend la nécessité d'une droite indépendante du macronisme
- "Il y a le chemin que moi, je propose, qui est une droite libre, indépendante, qui ne doit rien à Emmanuel Macron, qui n'est pas sous la tutelle du président qu'on a vu hier et qui propose un projet de rupture."
Critique d'Édouard Philippe
- "Vous avez vu le projet d'Édouard Philippe [...] Il propose d'aller de Anne Hidalgo jusqu'aux Républicains. Ça s'appelle le macronisme sans Macron. Édouard Philippe, aux élections législatives, il a appelé à voter pour le Parti communiste."
Sur un possible rapprochement avec Reconquête
- "Je pense même qu'il faut qu'on s'adresse à des Français qui ont voté RN, qui ont été déçus par la droite [...] Mais Sarah Knafo, ça n'est pas l'extrême droite."
⚫ À droite droite
🎙️ Sébastien Chenu confirme que seuls Marine Le Pen ou Jordan Bardella seront candidats en 2027 - sur RTL
- "On dit les choses, Marine Le Pen est notre candidate. Son sort n'est pas uniquement entre ses mains aujourd'hui. Si elle venait à être empêchée, Jordan Bardella prendrait la relève. C'est assez clair."
Le député RN dénonce la gestion du pays par Emmanuel Macron
- "Nous sommes le plus beau pays du monde, géré de la plus vilaine des façons."
Chenu rejette toute autre hypothèse de candidature pour 2027
- "Il n'y a que ce scénario possible ? Oui. Elle ou lui ? Ben oui, pourquoi vous voulez que j'y aille ?
Le député ironise sur l'interview présidentielle
- "C'est probablement la seule chose vraie qu'il a pu dire de toute l'interview."
🎙️ Jean-Philippe Tanguy défend les chômeurs face aux accusations d'assistanat - sur BFM/RMC
- "C'est que les gens qui sont responsables de cet effondrement économique, de la destruction de notre industrie, de l'affaiblissement de l'agriculture ou de la pêche, ils mettent la responsabilité sur les pauvres gens, sur les chômeurs. Cette inversion de la responsabilité est insupportable."
Le député RN rappelle le déséquilibre entre offre et demande d'emploi
- "Il y a 300 000 emplois libres. Il faut arrêter, même si on occupe ces 300 000 emplois, et il faut les occuper, il restera encore 4 500 000 personnes au chômage ou en temps partiel subi."
Tanguy défend une vision sociale du RN
- "Je comprends utiliser la colère de ceux qui travaillent et qui en ont assez de travailler pour maintenir ce système. Mais vraiment, la colère doit s'exercer vers les responsables politiques et pas vers les gens qui subissent cette politique."
Le député souligne l'importance des obligations liées aux aides sociales
- "C'est avec une obligation de formation, ce qui a toujours existé. Une obligation de recherche d'emploi, évidemment. Quand il y a un emploi pour voir dans la Sturm, par exemple, il faut le prendre."
🎙️ Robert Ménard réclame plus de pouvoirs pour les polices municipales et salue la réponse positive d'Emmanuel Macron - sur France Inter
- "Il était temps. Nom de Dieu, ça fait huit ans que je suis maire, huit ans que je demande ça avec un certain nombre de maires."
Le maire de Béziers critique le président sur l'immigration et la sécurité
- "Moi je n'ai pas parlé, je ne suis ni un spécialiste de l'immigration, ni un spécialiste des questions de la sécurité. Moi j'ai essayé de lui parler de choses que je rencontre moins comme maire."
Ménard défend son franc-parler face au chef de l'État
- "Je ne crois pas avoir été irrespectueux du Président de la République. Je pense juste de lui dire 'Voilà comment les choses se passent, comment les gens ils vivent ça.'"
Le maire confirme sa candidature à Béziers et évoque ses relations tendues avec le RN
- "J'ai appelé à voter pour Marine Le Pen parce qu'il y avait deux questions. C'est drôle, dont je n'ai pas parlé hier. La sécurité et l'immigration, parce que là-dessus, c'est le trou noir de M. Macron. Mais je n'ai jamais caché mes divergences sur le terrain économique, sur la politique internationale. Là, on est dans une ère glaciaire."
🔎 Focus
🎙️ Les éditorialistes dressent un constat sévère de l'interview d'Emmanuel Macron et y voient l'aveu d'une impuissance présidentielle - Table ronde France Inter
Natacha Polony : Un président qui découvre son impuissance
- "J'ai eu des réminiscences à la fois de François Mitterrand et de Jacques Chirac [...] un sentiment d'impuissance terrifiant. Je disais Mitterrand pour 'contre le chômage, on a tout essayé'. J'aurais pu ajouter Lionel Jospin 'L'État ne peut pas tout'."
Jean-Michel Aphatie : Une mécanique intellectuelle sans pouvoir réel
- "Emmanuel Macron a quand même une mécanique intellectuelle assez formidable [...] mais son rôle est réduit à rien d'autre que le commentaire sur la politique intérieure."
Jérôme Jaffré : Un président sans les moyens d'agir
- "Il est en partie responsable du blocage politique qui existe dans le pays, en large partie, avec une dissolution ratée, malencontreuse, organisée au pire moment possible, le pays lui en veut profondément à ce sujet."
Nathalie Schuck : L'hypothèse d'un plan caché
- "Je me suis posé la question à la fin de l'émission de savoir si le président n'avait pas un plan caché [...] Est-ce qu'il a dans l'idée de remplacer le Premier ministre ?"
Un pouvoir présidentiel en question
- "Emmanuel Macron exerce et incarne la fonction présidentielle [...] mais il ne dispose plus du pouvoir de faire. Car ce pouvoir de faire, il faudrait un gouvernement qui lui soit lié vraiment, et une majorité de députés pour voter les textes." (Jérôme Jaffré)
L'absence de diagnostic sur les enjeux économiques
- "Il a fallu attendre 1h45 d'émission pour que le président de la République prononce le verbe 'produire'. [...] À aucun moment, il n'y a eu d'analyse sur les raisons qui font que nous ne produisons plus." (Natacha Polony)
Une charge contre François Bayrou
- "Son message était que l'immobilisme actuel du pays ne peut pas lui être imputé. Lui, il est partisan de faire plein de choses [...] Et donc, c'est une charge indirecte contre François Bayrou et son gouvernement." (Jérôme Jaffré)
L'avenir politique d'Emmanuel Macron
- "Le Président nous dit, je continuerai à être dans la politique après 2027, bien que je ne puisse pas me représenter [...] Et chacun qui a tenu le coup jusque-là a pu penser qu'il y réfléchissait déjà." (Jérôme Jaffré)
Les sujets éludés
- "Les deux manques fondamentaux : l'obsolescence de la Ve République [...] et la dislocation de l'État telle que les Français la constatent." (Jérôme Jaffré)
Le risque politique immédiat
- "Emmanuel Macron a perdu le pouvoir il y a un an. Il n'a pas les moyens de le retrouver [...] S'il a deux sous de lucidité, il a très peur d'une censure contre François Bayrou." (Jean-Michel Aphatie)
L'échec des promesses de consultation
- "La débâcle sur les référendums [...] Personne n'a obligé le Président de la République à promettre aux Français de les solliciter, de les consulter." (Nathalie Schuck)
💡 Éditos politiques
☕ Au menu des éditorialistes politiques ce matin :
💡 L'exercice inutile - Patrick Cohen sur France Inter
- Emmanuel Macron a passé trois heures à défendre son bilan sans parvenir à dessiner une perspective d'action pour la fin du quinquennat.
- Le président s'est retrouvé dans une position inconfortable, constamment renvoyé à ses échecs et à son impuissance politique actuelle.
- L'exercice a surtout mis en lumière l'absence de majorité et l'impossibilité d'impulser de nouvelles réformes significatives.
- "Débat essentiel et passionnant qui va se poursuivre et se conclure au grand jour, en solennité, dans l'hémicycle de l'Assemblée à partir de lundi prochain."
💡 La fin du macronisme - Vincent Trémolet de Villers sur Europe 1
- Les sujets cruciaux comme le déficit, la sécurité et l'immigration ont défilé sans qu'apparaisse le début d'une décision concrète.
- La politique s'est réduite à une forme poussive de divertissement médiatique sans réelle substance.
- Le macronisme, fondé sur la dynamique du succès et la séduction, est en fin de vie malgré les promesses de référendums.
- "Le poison de la dissolution continue de ronger l'autorité et l'influence du Président de la République."
💡 Un président isolé - Renaud Dely sur France Info
- Emmanuel Macron apparaît plus convaincant sur les dossiers internationaux que sur la politique intérieure où il semble démuni.
- Sans majorité et avec un gouvernement peu évoqué, le président est réduit au rôle de spectateur des deux années à venir.
- L'émission n'a débouché sur aucune annonce concrète ni réforme précise, hormis une vague promesse de référendum sur la fin de vie.
- "Hier soir, l'émission Koh-Lanta avait été déprogrammée pour lui céder la place. C'est lui qui semblait un peu seul sur son île déserte."
💡 La quête d'une impossible relance - Guillaume Tabard sur Radio Classique
- L'émission, conçue comme un patchwork sans fil conducteur, alternant confrontations et reportages, a manqué sa cible.
- Le président s'est retrouvé constamment renvoyé à son bilan plutôt que de pouvoir dessiner l'avenir.
- Les deux dernières années du quinquennat s'annoncent difficiles sans leviers d'action concrets.
- "Cette émission, en fait, c'était plus retour vers le passé que projection vers l'avenir."
💡 Le temps des illusions perdues - Etienne Gernelle sur RTL
- L'émission a mis trois heures avant de mentionner l'existence du Premier ministre, révélant un malaise institutionnel.
- Les contradicteurs s'adressaient à Macron comme s'il avait encore les pleins pouvoirs, créant un décalage avec la réalité.
- L'exercice a surtout confirmé en creux l'impuissance présidentielle et le blocage politique français.
- "Pourquoi cette émission ? Qu'est-il venu nous dire ? Il n'y a pas eu d'annonce formelle."
💡 Un président sans prise - Jean Leymarie sur France Culture
- Emmanuel Macron a tenté de se présenter comme toujours aux commandes malgré l'absence évidente de majorité.
- Le président a multiplié les vœux et projets sans avoir les moyens de les concrétiser.
- L'émission a révélé un décalage entre les ambitions affichées et la réalité du pouvoir.
- "Emmanuel Macron a fait comme s'il était aux commandes, comme s'il était en campagne, comme s'il était candidat. Mais candidat à quoi ?"
💡 Éditos éco
💡 Le défi climatique européen - Dominique Seux sur France Inter
- La Commission européenne prépare son plan de réduction des émissions de 90% d'ici 2040.
- La France pose ses conditions, refusant de sacrifier son industrie pour des objectifs jugés peu réalistes.
- L'Europe ne représente plus que 6% des émissions mondiales, questionnant la pertinence de sa stratégie.
- "Le moins 90% d'ici 2040, franchement, est peu crédible. L'Europe se sent, on l'a dit, 6% des émissions. On se demande s'il ne serait pas plus efficace d'aider les 94% autres à se décarboner."
💡 Le poids de la dépense publique - François Vidal sur Radio Classique
- La France consacre 2% de son PIB à la politique du logement, un tiers de plus que la moyenne européenne.
- Les dépenses de retraites et de santé représentent plus d'un quart de la richesse nationale française.
- L'écart avec nos voisins européens ne pourra se résorber sans s'attaquer à ces deux postes majeurs.
- "La France ne rentrera pas dans les clous budgétaires tant qu'on ne s'attaquera pas à ces deux sujets."
💡 La France, pays de l'héritage plutôt que du mérite - Olivier Babeau sur Europe 1
- Une étude de l'Institut Jean Jaurès révèle que la fortune héritée représente désormais 60% du patrimoine total en France, contre 35% dans les années 70.
- Le système actuel favorise la reproduction sociale à travers la rente immobilière, pénalisant les jeunes actifs qui n'ont pas d'héritage en perspective.
- La solution passe par une dérégulation de l'immobilier et un rééquilibrage fiscal en faveur du travail plutôt que par une hausse des droits de succession.
- "Une société saine, c'est une société où l'on peut réussir sans héritage, où le travail paye plus que la naissance. Aujourd'hui, parce que l'État nous étouffe, c'est l'inverse."
💰 Économie
🎙️ Anne Lauvergeon révèle que la France sous-utilise volontairement son parc nucléaire et dénonce une stratégie énergétique européenne déconnectée - sur Radio Classique
- "Vous avez aujourd'hui 500 000 emplois en France qui sont non pourvus, dans l'hôtellerie-restauration, dans le service à la personne, dans l'aide à domicile. Ce n'est pas radical de ramener les gens au travail."
La France pourrait produire 30% d'électricité nucléaire en plus
- "On est en sous-régime total. On pourrait faire 30% de plus. Et de production gratuite."
L'ex-présidente d'Areva dénonce une sous-utilisation volontaire d'EDF
- "La première [explication], elle est évidente, si vous produisez moins, vous vendez plus cher. D'ailleurs, vous regardez les résultats annuels d'EDF en 2024, 11,4 milliards d'euros de bénéfices nets, c'est colossal !"
EDF bridé par une gouvernance anti-nucléaire selon Lauvergeon
- "EDF a été mis sous le contrôle d'autorités donc indépendantes, mais aussi sous le ministère de l'Environnement qui a été, ces 15 dernières années, 10 dernières années, majoritairement été occupé par des antinucléaires."
La France est 31ème mondiale en termes de productivité nucléaire
- "Les meilleurs du monde font plus de 95% [de leur capacité]. Les chiffres, vous les trouvez, c'est l'AIEA, l'Agence Internationale de l'Énergie Atomique [...] Nous, on fait 67%."
Une facture d'électricité qui pourrait baisser significativement
- "Si l'État est capable de dire... EDF doit se mettre à produire. À ce moment-là, on peut diminuer très fortement, ce qui a eu lieu dans plein de pays, la facture d'électricité des Français."
Critique de la stratégie énergétique européenne
- "La Chine, la Chine pense énergie en permanence [...] Nous, en Europe, quelle est la politique globale ? C'est d'installer de l'éolien et du solaire. Très récente, l'Europe ne s'intéressait absolument pas aux autres types de technologies."
Lien vers les sources de la Matinale des Matinales
Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste (TF1)
Laurent Wauquiez, président du groupe Droite républicaine à l'Assemblée nationale (France 2)
Sébastien Chenu, député RN du Nord (RTL)
Amélie de Montchalin, ministre chargée des Comptes publics (RMC)
Robert Ménard, maire de Béziers (France Inter)
Bruno Retailleau, ministre de l'Intérieur (Europe 1/CNEWS)
Anne Lauvergeon, ex-présidente d'Areva (Radio Classique)
Jérôme Jaffré, politologue (France Inter)
Nathalie Schuck, grand reporter au Point (France Inter)
Jean-Michel Aphatie, éditorialiste à Quotidien (France Inter)
Natacha Polony, essayiste (France Inter)
Francois Hollande, ancien président de la République (Franceinfo)
Jean-Philippe Tanguy, député RN de la Somme (BFMTV/RMC)
Sophie Primas, porte-parole du gouvernement (Sud Radio)
Liens vers les éditos
L’édito politique sur France Inter
L’édito politique sur Europe 1
L’édito politique sur Franceinfo
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